madel1.jpg  Ma grande aventure avec mon Dieu Providence

 Comme Jésus ne peut plus se promener physiquement dans les rues de Montréal, il se sert de moi pour le faire. Comme baptisée d’abord, et ensuite comme religieuse consacrée à la Mission Providence, à la suite de notre fondatrice Mère Émilie Gamelin. Il m’a envoyée surtout vers ceux dont personne ne s’occupait. C’était un temps de pleine action pour moi et mon cœur était ouvert à des personnes atteintes du VIH  qu’on avait peur de côtoyer, de soigner même. Ces gens se sentaient mis à part et rejetés de la société.

 Comme ma mission Providence m’interpellait à aller vers ces gens en détresse, je me suis laissée guider par ces jeunes. Ils me demandèrent d’ouvrir un Centre de jour pour cheminer dans la foi avec eux. Une  nuit, j’ai été réveillée par la voix de ces jeunes qui m’invitaient à aller plus loin avec eux. Je me suis levée aussitôt et j’ai rédigé une demande au Conseil Provincial.  Avec les personnes atteintes que je côtoyais, mon premier réflexe c’était de les aimer avec beaucoup d’amour et de respect. Je les considérais avec le regard de Jésus, sans les juger, ni les condamner, mais en étant tout simplement, avec eux, présence d’amour et d’accueil.

 J’ai beaucoup prié et j’ai abandonné le projet à la Divine Providence. À ma grande surprise, j’ai reçu une réponse positive à ma demande et le Centre a pu voir le jour, le 15 octobre 1997, dans ma communauté du 2350 De Maisonneuve. Tout d’abord  un Conseil d’Administration compétent a pris forme; la Providence a mis sur notre chemin des personnes qualifiées et un religieux du Saint-Sacrement s’est offert comme aumônier. Nous avons appelé le Centre  ‘’La Fraternité Émilie’’. Quelle délicatesse du Seigneur! Au sein du Conseil d’Administration, nous avions même des personnes atteintes qui représentaient leurs confrères.

 Nous voulions  vivre la spiritualité de la Providence par des célébrations eucharistiques, par le partage du quotidien à travers la Parole de Dieu et la récitation des Vêpres. Nous prenions parfois un repas ensemble et nous organisions avec eux certains loisirs culturels, comme des voyages de ressourcement dans les monastères ou la visite des musées religieux.

 Personnellement, j’avais une grande confiance en la Providence, car c’est elle qui nous a tout obtenu gratuitement, tant pour meubler notre Centre au complet, que pour financer les activités courantes de la Fraternité. Nous ne pouvions faire autrement que prier beaucoup pour tous nos bienfaiteurs. Il me semble qu’il n’y a rien de plus beau ni de plus grand que d’aller porter dans les rues, les maisons, les autobus ou le métro, cette vie de Jésus-Christ qui est le soleil de mon cœur, la vie qui se reflète à travers moi afin qu’elle transparaisse. Pour moi, c’est cela la grande aventure amoureuse avec mon Dieu Providence. Encore aujourd’hui, je continue chaque jour d’être porteuse de ce Dieu Providence, de ce Soleil intérieur qui toujours m’éclaire le cœur et l’esprit. Je ne cesse de chanter :

 «Providence de Dieu, je crois en TOI»

 Madeleine Gascon, s.p.

MON ENFANCE… UN PILIER POUR L’AVENIR

  Vous parler de mon ministère, c'est vous raconter le cheminement du vécu de mon enfance jusqu'à ce jour.

  Je suis née à Saint-Alphonse-Rodriguez, région de Lanaudière. Je suis l'aînée d'une famille de cinq  enfants. MomicheP1.JPGn père est cultivateur et la famille grandit sur la ferme. Ma mère  me parle souvent de Dieu et de l'amour du prochain. Mais comme elle est de  santé fragile, je m'investis grandement aux travaux de la maison et de la  ferme. Pour moi, c'est une joie de pouvoir aider les miens et les voisins.

  Dans notre milieu nous n'étions pas fortunés. Alors, on s'entraidait beaucoup. Si un membre des familles voisines était malade ou éprouvé, si une maman accouchait, nous prêtions main-forte. Lors des périodes de grands travaux à la ferme, tous s'y mettaient, nous allions d'une ferme à l'autre, ce qui nous permettait d'avoir le personnel requis pour passer au travers des corvées.

Alors nous vivions une grande fraternité, le partage et surtout la charité. C'est de là qu’est venu l'appel de ma vocation et celui de la mission qui m'a été confiée par la communauté, la visite à domicile.

  Alors nous vivions une grande fraternité, le partage et surtout la charité. C'est de là qu’est venu l'appel de ma vocation et celui de la mission qui m'a été confiée par la communauté, la visite à domicile.

Depuis près de 23 ans que je suis active dans le service aux démunis de la paroisse Saint- Stanislas-de-Kostka Montréal, et des paroisses environnantes. Je visite des malades, des personnes seules, des personnes âgées et des pauvres. Je suis appelée à faire beaucoup d'écoute tant à domicile qu’au téléphone et de la pastorale. Je conseille, soutiens, console, dépanne, oriente et parfois des événements surprises se produisent. Notre bonne Mère Émilie Gamelin permet que je sois là, au bon moment, sur place, pour porter secours. Voici des exemples : une dame seule et sans famille ne répond pas à mon appel téléphonique. Je décide de me rendre chez elle. Après que le propriétaire eut ouvert la porte, je trouve cette dame dans la baignoire. Elle a eu une faiblesse la veille et elle s'est retrouvée dans cette position durant 16 heures. Une autre personne à qui je suis allée porter la communion, à mon arrivée, fait un début de paralysie. Une autre, durant ma visite, s'évanouit. Toutes trois, je les secoure et accompagne à l'hôpital.

 Comme Mère Gamelin réglait souvent des chicanes, il en fut de même pour moi à quelques reprises. Une occasion se présenta où je suis intervenue dans l'entrée d'un  H.L.M. où il y avait une bataille entre trois dames âgées. Les policiers n'arrivaient pas à mettre la paix. Ces dames, dont l'une d'elles était ma protégée, me saute dans les bras, à la grande surprise des agentes de la paix qui se demandaient quel pouvoir me permettait de réussir à calmer et réconcilier ces dames en un instant.

  Dans mon travail, lorsque je visite ou reçois un appel téléphonique, je prie le Seigneur de m'éclairer et notre bonne Mère Émilie de me guider, de passer en avant de moi. Je puis affirmer qu'elle est toujours présente et fidèle à sa mission. Je remercie le Seigneur de me permettre de faire vivre, à des personnes, sa tendresse pour elles, par la compassion, l'accueil aimant, comme notre bienheureuse Émilie qui était un signe de la miséricorde et de la  Providence de Dieu pour son peuple.

Micheline Pellerin, s.p.

Une vie toute en musique

 Vivant à Boucherville depuis 17 mois, parler de mon ministère à Chandler, ravive des souvenirs de quarante-cinq ans passés dans cette belle région de la Gaspésie.

Mon ministère étant l'enseignement, j'ai donné le meilleur de moi-même à tous ces enfants que les      parents me conisabelle2.jpgfiaient. Ma classe comprenait aussi des adultes. Tous mes élèves passaient les examens exigés par mon affiliation à l'École de musique Vincent-d'lndy. Je cite les matières à l'épreuve: littérature musicale, solfège, dictée, technique, gammes, arpèges, harmonie, contrepoint, analyse. Comme exécution : 2 études, 1 pièce de Bach, 1 mouvement de sonate, 2 pièces de style différent et de la lecture à vue. Tout doit être exécuté de mémoire à l'examen final et ces matières sanctionnent une année d'étude. Ce programme exigeant demande un travail assidu et bien fait pour réussir un certificat ou un diplôme selon le degré plus ou moins avancé.

De 1989 à 1996, quatre de mes élèves se sont classées premières de la Province de Québec parmi les étudiants des quatre-cents professeurs affiliés à l'École de musique Vincent-d'lndy. Durant mes années d'enseignement à Chandler, 41 élèves ont obtenu un brevet d'enseignement en piano, 1 en flûte et 2 en orgue. 4 ont poursuivi leurs études musicales à l'Université McGill et ont obtenu un baccalauréat.

Bien que la carrière musicale n'est pas le chemin de tous, il en reste que leur formation musicale leur assure, pour l'avenir, équilibre, maturité, discipline et le bonheur de faire de la belle musique. Je n'oublie pas que les parents de ces élèves ont également une grande part dans le succès de leurs enfants.

Pour compléter mes journées d'enseignement, le temps ne faisait jamais défaut pour répondre aux multiples besoins des démunis. Au cours de toutes ces années, Doris et moi avons réussi à avoir beaucoup de 'petits amis'. Nous étions les 'ma tante' d'une petite fille qui était venue passer la nuit avec nous, la police venant d'arrêter son père qui battait sa mère devant elle. A la fête des mères nous recevions une carte de la prison de Cowansville avec tous les bons vœux et la signature ‘'Votre fils’’....Nous ignorions que notre fils était si éloigné!

Ces anecdotes témoignent qu'avec la collaboration de nos Associés-Providence engagés auprès des pauvres et toujours disponibles à rendre service. La Providence nous a toujours accompagnées. Nous espérons qu'il reste encore quelques vestiges de notre passage en terre gaspésienne.

Isabelle Laporte, s.p.

 

         « J'ÉTAIS EN PRISON

            ET VOUS M'AVEZ VISITÉ »  (Mt 25, 36)

 Sortir de chez-soi pour aller « rencontrer Jésus » à la Prison Leclerc de Laval.  C'est ce que font quelques Sœurs de la Providence, comme bénévoles, une (1) fois par semaine, soit pour accompagner les détenues, lors d'une activité sociale, le mardi soir ou pour la messe dominicale, le samedi soir.

 Personnellement, comme bénévole depuis quelques années, je suis consciente de vivre la Mission de Jésus et de marcher sur les pas de la Bienheureuse Émilie Gamelin qui visitait les prisonniers, les pauvres, les exclus de la société.  C'est une occasion de manifester de l'amour et de la compassion et d'« avoir le coeur sur la main » i.e. manifester de la miséricorde envers ces personnes blessées de différentes manières, dont la souffrance morale est de beaucoup plus difficile à supporter que la souffrance physique.

 En sachant que chacune des prisonnières est habitée par le Christ, il devient plus facile de reconnaître que c'est aussi Jésus qui est prisonnier à l'intérieur de chacune d'elles.

 Actuellement, nous nous préparons à la fête de Noël et nous recueillons des articles permis d'offrir aux 220 détenues et peut-être davantage en décembre 2016.  Après la messe de Noël, le 24 décembre 2016, après avoir accueilli, dans nos coeurs, l'Emmanuel, « Dieu avec nous », les bénévoles auront le bonheur de procurer aux dames incarcérées de la Prison Leclerc, un surplus de joie, plus d'amour et de compassion, en offrant à chacune un sac de cadeaux, en cette période de l'année où plusieurs familles célèbrent ensemble l'anniversaire de naissance de Jésus.

 Je m'en voudrais de terminer ce bref message sans vous demander de prier pour les détenues qui ont tellement confiance dans la prière des Sœurs de la Providence.  Chaque samedi soir, après la messe, elles sont invitées à écrire des intentions de prière qui leur tiennent à coeur et nous (Sœurs de la Providence et autres congrégations religieuses qui vivent à la Maison mère) les supportons par notre prière.  Les intentions sont reproduites à l'ordinateur et affichées sur un babillard conduisant à la cafétéria centrale.  Au nom des détenues et des bénévoles, je vous dis: Demeurons en communion de prières !

                                                                                              Claudette Chénier, s.p.

Neveu2.jpgIsabelle Neveu     VIE de Quartier  Journal des Voisins, septembre 2016

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Soeur Annette Noël. supérieure provinciale, (à droite), ainsi que d'autres religieuses de la Congrégation des Sœurs de la Providence qui étaient présentes à la réunion du conseil d'arrondissement en juin dernier lors de l'annonce de la vente des terrains à la Ville de Montréal pour v aménager un centre communautaire et une bibliothèque (Photo : Philippe Hachiele)

Les Sœurs de la Providence : un cœur compatissant depuis plus de 100 ans

À la suite de la promesse d'achat par l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville de Montréal  de  la propriété  des Sœurs de la Providence sur la rue Grenet,  les religieuses poursuivent leurs œuvres de bienfaisance. La ville et l’arrondissement prévoient y aménager un centre communautaire et une bibliothèque.

Fondée en 1843 par Émilie Gamelin, la Congrégation des Sœurs de la Providence œuvre dans Cartierville depuis le début des années 1900. A l’époque, les religieuses avaient reconstruit l’Hôpital des Incurables, qui avait été ravagé par les flammes, sur un immense terrain du boulevard Gouin et l’ont renommé l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Au fil des années, les sœurs se sont installées dans le quartier, participant aux tâches de divers organismes du milieu, notamment en santé, en éducation et dans les services sociaux. « Par nos gestes de compassion, de tendresse et de compréhension, nous souhaitons que les gens, à qui l’on offre notre aide, puissent avoir une petite idée de qui est Dieu pour eux », explique la supérieure provinciale de la congrégation, sœur Annette Noël.

Aujourd’hui, près de 200 sœurs résident dans Cartierville. Bien qu’elles soient de moins en moins nombreuses et de plus en plus âgées, elles continuent d’offrir leur soutien à la communauté en fonction de leurs capacités. « Certaines de nos religieuses travaillent à l’hôpital, d’autres font des visites à domicile, indique Annette Noël. Régulièrement, quelques-unes d'entre elles visitent aussi les prisonnières à l’Établissement de détention Leclerc à Laval pour prier avec elles. »

L’œuvre des Sœurs de la Providence se poursuit également à travers les actions de plusieurs organismes communautaires de Cartierville, dont Cartier Émilie, la Corbeille, le Centre d’appui aux communautés immigrantes (CACI), la Maison des Parents de Bordeaux-Cartierville, l’Hôtellerie Providence. Les religieuses ont participé à la fondation de l’ensemble de ces organismes, qui  véhiculent encore aujourd’hui les valeurs d’entraide et de compassion célébrées par l’organisation religieuse

Par exemple, Cartier Émilie aide les personnes démunies au plan socioéconomique depuis 1962. «L’organisme a été fondé par la congrégation dans le but d’aider les immigrants. Des vêtements et des meubles étaient disponibles pour eux. On les aidait à apprendre le français et à trouver un logement », raconte la supérieure provinciale.

Qu’ils soient pauvres, immigrants, muets, handicapés physiques, handicapés mentaux et malades: les Sœurs de la Providence ont, depuis leur création, apporté leur aide à ceux et celles qui en avaient besoin, et ce, sans jugement. «Quand Dieu appelle, il appelle toutes sortes de personnes, il n’y a pas de couleur, de condition physique ni de culture spécifique », mentionne la religieuse en chef.

 Manque de relève

L’avenir de la congrégation est difficile à prédire pour Annette Noël. «On manque de relève, les jeunes femmes ne viennent pas nous voir. Les recrues que nous avons  présentement sont en Haïti », souligne-t-elle. La congrégation est également présente à l’international et est regroupée en quatre régions, nommées « provinces ». La Province Émilie Gamelin, dont Annette Noël est responsable, a des représentantes en Haïti, en Égypte et dans l’est des États-Unis.

Malgré tout, la supérieure provinciale reste positive et croit que la vie au sein d’une communauté religieuse va continuer. «Je me dis que la meilleure chose à faire présentement, c’est d’être le mieux possible ce que l’on est aujourd’hui », confie-t-elle.

La vente de leur propriété sur la rue Grenet est l’une des conséquences de ce manque de relève. « C’était très coûteux de garder une grande maison vide, précise-t-elle. Pendant un certain temps, nous avons essayé d’inviter d’autres congrégations religieuses à venir vivre avec nous. Mais, elles aussi voient leur nombre diminuer. »

Les sœurs conservent toujours leur Maison mère dans Cartierville sur la rue Salaberry, où le tombeau de la fondatrice, Émilie Gamelin, est installé. Cette femme dévouée inspire encore les religieuses aujourd’hui. Elle est, selon Annette Noël, plus présente que jamais. (De plus, la Résidence de Salaberry, où résident plus de 60 sœurs, avoisine la Maison mère). JDV 

 

 

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